Un Métro de Retard : 50 Missions

Et bien pour cette semaine, cette chronique n’a jamais si bien porté son nom. Nous allons parler de « 50 Missions » car, même s’il a fait grand bruit à sa sortie, nous étions passés à côté ! Alors tout petit retour en arrière cette semaine.

Une affaire rondement menée

« 50 Missions » est un jeu coopératif. Sorti en 2020 et édité par Oya, il est signé Ken Gruhl. Il s’adresse à un public de 8 ans et plus, de 1 à 4 joueurs, pour des parties de 20 minutes. Il s’agit de nouveau d’un jeu avec un mode solo (nous vous en avons déjà présenté un la semaine dernière) dont on va vous parler par la suite.

Il tient dans la poche (enfin, les grandes)

Nous avons donc complètement loupé la sortie de ce jeu. Je me souviens avoir acheté ma boite en octobre 2020, pressé de le tester tant j’entendais parler de lui, et puis… pouf* ! La mise en carton de la collection pour son déménagement à favoriser la disparition subite de cette petite boite de nos étagères. Je sais bien que depuis est sorti son « petit frère », à savoir « 50 Missions, ça se complique ! », mais pour celui-là, il faudra être patient : il n’est pas encore sur nos fameuses étagères…

« Uno revivor » ?

Un matériel de jeu basique, avec des cartes rondes et rectangulaires, proche de celles du « Uno ». Basique, mais encore une fois, le travail est bien fait, l’édition du jeu est belle. J’ai toujours un faible pour des jetons et du matériel plus « en dur », plutôt que pour des cartes en carton, mais pour ce jeu, cela fait suffisamment l’affaire. Le principe du jeu est extrêmement simple : les joueurs ont en permanence 4 missions à effectuer et, pour les réaliser (ou « valider »), on va se servir des 4 cartes de couleur (et à valeurs) qui sont visibles de tous. Bien sûr, chaque joueur à une main de cartes dans laquelle il choisit son prochain coup. C’est donc un jeu coopératif et les joueurs ne pourront  communiquer ni sur la couleur des cartes qu’ils veulent jouer, ni sur la valeur. Le but du jeu est de remplir un maximum de missions et de tenter d’obtenir la médaille d’or. Dès qu’une mission est réalisée, on l’écarte et on la remplace par une nouvelle de la pioche. Après la quinzième mission réussie, les joueurs obtiendront la médaille de bronze, puis, après 20 missions, la médaille d’argent et pour finir, après 25 missions, la médaille d’or. La partie prend fin lorsque les joueurs n’ont plus de cartes à jouer ou qu’ils ne peuvent plus jouer.

Pas si simple !

Le jeu s’avère ardu ! Atteindre la médaille de bronze est déjà un bon résultat pour les premières parties. Les missions à réaliser sont en réalité des contraintes de placement de cartes, de valeur ou de couleur. Les joueurs ne peuvent poser leurs cartes que sur une même couleur ou une même valeur, créant parfois certains « blocages » au cours de la partie, d’où l’intérêt de communiquer, car les joueurs peuvent parler des missions. Alors certes, nous ne pouvons donner aucune information sur notre main de cartes, mais en revanche, comme on peut parler des missions que l’on cherche à réaliser, on peut vite deviner la main des autres joueurs. Les 4 couleurs des cartes et leurs valeurs rappellent, effectivement le « Uno », mais c’est bien là le seul point commun.

Solo ou en équipe ?

Après plusieurs parties entre amis de bonne compagnie, j’ai fait plusieurs tentatives en solo, pensant qu’il pourrait être plus facile de réussir les missions. Belle erreur.

Le jeu s’avère tout aussi intéressant en solo (et donc, pas plus facile…), mais je dois bien avouer avoir ressenti une sensation de « je fais une réussite un dimanche après-midi pluvieux chez mamie » en jouant tout seul. Malgré cela, les parties restent prenantes et rapides, un avantage en soi, car « 50 Missions » trouvera sa place dans la catégorie des « jeux apéro », en début (ou en fin) de soirées jeux. Je n’ai encore jamais réussi à atteindre la médaille d’or, et c’est un peu frustrant, puisque la règle du jeu, nous permet de re-mélanger la défausse lorsque nous n’avons plus de cartes, mais uniquement si, la médaille d’or est atteinte. L’objectif du jeu deviendra alors de remplir toutes les missions à disposition !

En conclusion, je ne peux que me rallier à l’avis général sur ce jeu : c’est bien ! On passe un bon moment en jouant à « 50 Missions ». Je ne suis pas un grand féru des jeux coopératifs, (et bien oui, j’aime bien gagner ou perdre seul, plutôt qu’avec toute la table !), mais ce titre est suffisamment divertissant pour avoir envie d’y jouer, voire d’y rejouer ! Néanmoins, et malgré tous ces compliments, cette mécanique de jeu me laisse perplexe et me fait poser une question : « Quand avons-nous vraiment gagné (ou perdu) à ce jeu ? ». On peut considérer les joueurs comme « gagnants » dès la médaille de bronze ou sont-ils gagnants uniquement lorsque les 50 missions sont réalisées ? Les deux sans doute. Du coup, ne serait-il pas plutôt fait pour être ranger dans la catégorie « casse-tête » (et « The Mind ») ?

Daoud

*C’est le bruit que font les choses qu’on oublie, vous l’aurez compris !

Crédit Photo : lapoulaapois.fr, philibert.fr, le-passe-temps.fr, plateaumarmots.fr